"La Normandie... Que c'est bête de ma part..."
Parties jouées : plus de 30 (toujours à deux et avec le même partenaire)
Matériel : Des figurines, des chars superbes (surtout les allemands), des hexagones en carton très épais, un plateau réversible, des cartes assez grandes et facilement lisibles, une règle claire et bien faite : bref, c'est très bien conçu et ça flatte la rétine.
Seul point noir : je n'aime guère le design de la boîte, ce type de dessin, réaliste et trop chargé en détail, genre "besogneux du crayon", me déplait souverainement.
Thème : la seconde guerre mondiale, on l'aura deviné, du débarquement en Normandie aux combats des Ardennes. Des reconstitutions des plus célèbres batailles de cette période.
Résumé rapide et avis totalement partisan et dénué d'objectivité : le principe du jeu est l'activation de figurines par des cartes qu'on pioche au hasard. Ces unités activées peuvent se déplacer et/ou tirer sur les figurines de l'adversaire. Chacun des deux joueurs joue une carte à son tour. Deux sortes de cartes : activations d'un certain nombre d'unités dans un secteur défini de la carte ou cartes "spéciales" permettant certaines actions spécifiques (activation de quatre unités de blindés où qu'elles se trouvent, bombardement aérien, action de remise en forme d'une unité par médecin et jolies infirmières interposées...)... Les attaques se font par le biais de dés, dont le nombre dépend de la portée à laquelle on se trouve de la cible. Les dés en question ont des faces spéciales.
Je ne suis pas du tout un fan de wargame (j'ai un souvenir douloureux de parties d'un jeu dont j'ai oublié le nom et qui consistait à reconstituer des batailles Napoléoniennes en avançant de superbes figurines sur une table de ping pong parsemée de modelés en pâte à sel peinte, en épluchant d'interminables listes de coefficients correctifs...). Pourtant, malgré ce lourd passif, j'adore ce jeu. La première réussite est l'apprentissage qui se fait tout doucement en abordant les quinze premiers scenarii vendus avec les règles, du plus simple au plus compliqué : on apprend peu à peu à maitriser les différentes pièces de décor (eh! tu peux pas tirer, t'es rentré dans la forêt! Ouais, ben toi, tu peux pas rentrer dans ce bocage, tu ne viens pas d'une case adjacente! et toc!) et les capacités des troupes (Disciple, toi y'en a savoir que petit résistant y'en a être insaisissable comme anguille mais fragile comme nouveau-né!!)
Ensuite, on se laisse vite embarquer par le côté diorama du jeu : on regarde se déplacer les fantassins, on oriente ses petits chars vers l'ennemi, c'est très "immersif" comme on dit quand on veut faire çui qu'est drôlement balaise dans les jeux (mais dans ce cas, on évite de parler de Mémoir' 44, jeu où il y a de la Chance car on pioche des cartes et on joue des dés! Quel scandale! Et on ose encore appeler ça un jeu, ma bonne dame? A qui le dites vous mon bon monsieur)
Les vendeurs et autres habitués, au vu de la faible longueur des parties (entre 30 et 60 minutes pour les ceusse qui aiment cogiter longtemps), préconisent de jouer en aller-retour, une mi-temps dans chaque camp. Car en effet, de nombreux scenarii, conçus pour se rapprocher au mieux de la vérité historique sont très déséquilibrés. Vous me direz : pourquoi cette soif de coller à la réalité historique? Voudrait-on faire de la modélisation guerrière comme avec les phénomènes météo? Je ne sais pas. En tous les cas, nous avons décidé de fonctionner autrement : n'ayant pas envie de faire deux parties de suite (chose que j'évite dans tous les jeux), nous sélectionnons les scenarii les plus équilibrés. Pour ce faire, rien de plus simple. Le site de Days of Wonder, l'éditeur, recense tous les scenarii écrits à ce jour (plus de 60 scenarii officiels pour ceux qui ont toutes les extensions du jeu) et un nombre incalculable d'autres contextes décrits par les fans. En face de chacun, la stat de répartition de victoires américains/alliés, ce qui permet de tout de suite choisir les histoires les plus équilibrées. Après, il y en a pour tous les goûts, grosses batailles de chars dans des plaines désertes ou combats d'embuscades dans les bocages normands...
Et avec cet énorme choix, on change tout le temps de décor, d'époque, de situation initiale. En plus, les batailles se sont peu à peu étendues à toute la deuxième guerre mondiale, bref, on n'a pas l'impression de tourner en rond (chose qui peut faire peur quand on achète un jeu où les parties sont scenarisées, si, si, allez, je sais ce que c'est)