Leo le Grand
Alexandros souffre de ce que souffrent beaucoup de jeux de Colovini. Ils sont souvent jugés à l’emporte pièce quand ils s’avèrent à l’usage beaucoup plus complexes, variés, subtils, intéressants et profonds que ce qu’ils laissent supposer superficiellement et/ou hâtivement. Et Alexandros, très injustement sous-estimé et oublié dans la production ludique actuelle, n’échappe pas malheureusement à cette règle…
Alexandros est un jeu de gestion d’une finesse et d’une originalité absolue et le principal malentendu avec ce jeu est qu'il n’est pas perçu comme tel. Dans les jeux de gestion classiques, les coûts, les fluctuations, les revenus sont déterminés dans un cadre rigide de fonctionnement, les choix se posant à partir des combinaisons à générer entre ces éléments prédéterminés quand toute la particularité, difficulté et beauté d'Alexandros est que tout est à construire : les régions qui vont être au cœur de la guerre économique, leurs coûts, leurs revenus, les fluctuations des gains, la rentabilité à court et/ou à long terme d’un investissement, le coût qu’il va impliquer pour la concurrence afin de réagir à temps et efficacement, etc.
Chaque partie d’Alexandros est un univers qui se construit sous nos yeux, un jeu de gestion à créer, à développer de A à Z et où rien n’est préétabli au départ. Originalité, liberté et créativité sont donc les maîtres mots de ce jeu et l’on est loin, bien loin de tous les poncifs ou idées reçues superficielles balancées à l’à va vite et que l’on peut lire ici ou là au travers de pseudo critiques qui ressemblent plus à des sentences infondées, absurdes et injustes qu’à des avis.
Maintenant, Alexandros a le défaut de ses qualités et comme tout jeu de ce niveau de complexité, d’originalité et de profondeur, il est très facile de mal le jouer et très difficile de bien le jouer (que l’on soit expérimenté ou pas d’ailleurs…) et toutes ces caractéristiques en font un jeu réservé aux joueurs passionnés.
pour une analyse détaillée d'un compte rendu de partie d'Alexandros, voir:
pour une analyse plus générale, voir:
et pour plus de détails entre autres sur le problème de la reprise des régions, voir: