arrondir les alexangles
Ca a été dit, Alexandros est un jeu assez laid en regard de ce qui est actuellement commis sur le marché. Sa règle est aussi confuse et sujette à de fréquents allez-retours vers le texte pour des actions qui n'en sont pas moins très simples. "Mais ce qui se concoit bien..." n'a pas été l'adage qui a présidé à la rédaction de l'opus.
Reste un jeu de placement où le hasard prend sa place - assez pour le renouveler - mais où la tactique est reine. Se faire une province grâce à Alexandre, savoir le maintenir éloigné pour que la province reste grande et entière, déloger l'adversaire sans le mettre en position de répliquer, sont les principaux aspects de la partie.
On aurait parfois envie que la partie dure quelques tours de plus, tant une position avantageuse acquise peut, très rapidement, clore la partie sans réellement laisser le temps de réagir aux adversaires infortunés.
Encore une chose : c'est un jeu de Leo Colovini. Ce qui veut dire que le thème est tout aussi artificiel que dans Carolus Magnus, par exemple. On pourrait très bien imaginer des taupes creusant des galeries pour isoler des champs de carottes; ca n'aurait ni plus ni moins de sens. Si vous cherchez un jeu sur les conquêtes d'Alexandre, passez votre chemin. Celui-ci est un très bon jeu qui vaille la peine que l'on arrondisse les angles et que l'on s'y consacre en faisant abstraction des défauts susciter, mais il n'a rien à voir avec l'épopée du Macédonien.