Savez-vous planter... à la mode d'Ystari
Encore un roi qui va changer la face du monde pour les yeux de sa belle. Amyitis, une reine afublée d'un nom qui la destinait à devenir un jeu Ystari, veut des jardins et une terrasse climatisée. Nabuchodonosor, son époux, va faire construire tout ça, et inventer tout un mécanisme d'irrigation... et nous allons l'y aider.
Si vous êtes du genre à réfléchir aux avantages et inconvénients de chacune des possibilités qui vous sont offertes avant de jouer votre coup, passez votre chemin, sous peine de vous faire détester des autres joueurs de la table. En effet, Amyitis est un jeu très ouvert. A chaque coup, plusieurs possibilités s'offrent au joueur qui sont autant de portes ouvertes sur d'autres choix. Est-ce que je passe, je déplace la caravane ou bien je recrute un travailleur ? Mettons que je recrute un travailleur, alors lequel ? Le prêtre, le paysan, l'ingénieur ou le chamelier ? Allez, je prends un prêtre... Dans quel lot de travailleurs ? Et je l'envoie dans lequel des trois temples ?
Du coup avec autant de possibilités, le jeu paraît aussi peu contrôlable que l'autre jeu du même auteur (Ys), mais on y voit quand même bien plus clair : d'abord tout est visible, et les points de victoire (pardon, de prestige), s'accumulent au fur et à mesure sur la piste autour du plateau.
Le matériel est typique des jeux de cet éditeur : des plateaux colorés, des cubes de bois, de jolis pions, des cartes bien illustrées, une icônographie claire un peu partout, rien ne manque.
J'adore le mécanisme de passer pour obtenir de l'argent. C'est tellement simple que quelqu'un a forcément dû y penser déjà, mais je ne vois pas où... D'habitude c'est "si je passe, les autres dépensent plus", mais là c'est "ils me font gagner de l'argent". Ca revient presque au même, mais pas tout à fait...
Par contre, j'ai un peu peur de l'équilibre des cartes de personnages, en particulier le banquier à 3 qui octroie deux points de prestige par tour. Je n'ai pas fait beaucoup de parties pour le moment, mais le joueur qui obtient cette carte a toujours terminé en tête (premier, ou à la rigueur second pas loin derrière)...
En conclusion, Amyitis est un bon jeu français à l'allemande, bien dans la veine de cet éditeur.