Accroche toi au cube, j'enlève le chameau !
"Cyril Demaegd" nous propose "Amyitis" après le célèbre "Ys", pierre fondatrice de l'édifice "Ystari". Cette dernière production de l'auteur est bien plus chaleureuse que sa première œuvre et est le digne représentant de la lignée « Ystari » et des maintenant célèbres "Caylus" et autre "Yspahan".
Formidablement bien huilé, équilibré, testé, "Amyitis" est un jeu soigné, assez complexe à appréhender avec sa succession de petits mécanismes et ses quelques exceptions. Le jeu se déroule par tour pendant lesquels vous allez devoir prendre de nombreuses petites décisions successives en essayant d'évaluer la valeur intrinsèque de celles ci.
Les règles sont faciles à comprendre même si elles sont un peu "à tiroir", mais la stratégie est difficile à établir et propose un vrai challenge intellectuel. Nous sommes ici dans le style des échecs : déplacement simple, stratégie complexe. Il faut rester pragmatique et opportuniste en toute circonstance ce qui n'est pas forcement facile dans des parties qui vont durer pas loin de deux heures. Il faut aussi garder une ligne stratégique directrice pour orienter ses actions et ne pas jouer que de manière opportuniste.
Au niveau du feeling, je dirais que quand "Ystari" nous sort des jeux "à cubes" (c'est à dire quasiment à chaque fois), je suis personnellement sensible à la chaleur qui s’en dégage. Autant je trouve "Ys" et "Mykerinos" froids, je rangerais plus volontiers "Amyitis" dans la catégorie des "Caylus" et autres "Yspahan".
Le matériel est très honnête, de bonne qualité même si le thème antique et le style "désert" sont aujourd'hui assez convenus. On aura heureusement évité l'Égypte…
Au final, je dirais que je prend du plaisir à jouer à "Amyitis", mais cela ne reste pas un incontournable pour moi. Il n'y a pas de sensations nouvelles même si on sent bien qu'il s'agit d'un exercice fort bien réussi dans le monde des jeux de placement/majorité.