Comme un bon vin, il se laisse déguster après plusieurs parties et plusieurs "incartades"
Voici un jeu qui a été un des premiers à rejoindre ma ludothèque et pourtant je laisse un avis uniquement maintenant.
Il peut être trompeur (le jeu pas mon avis) : Lors de mes premières parties, je me souviens avoir dit autour de la table "ok, il tourne mais un jeu comme ça avec un autre thème, ça aurait été pareil !" Il y avait néanmoins un élément qui me plaisait beaucoup : la caravane qui dicte le rythme du jeu et qui demande à être apprivoisée.
Les parties suivantes, je me suis échiné à suivre la stratégie "caravanier", alors que ma compagne prenait souvent l'"autre voie" (banquier), ce qui nous laissait de bonnes sensations de jeux mais qui n'était pas à proprement parler une réelle construction d'un histoire épique. Le thème était de plus en plus là, prenait de plus en plus place dans l'imaginaire, mais il manquait encore un peu de saveur à mon goût.
Et puis, le temps passant, j'ai parcouru d'autres jeux, d'autres univers, d'autres façon de mettre en œuvre des stratégies d'autres types de jeux (d'adresse, de coopération...) et finalement, j'y suis retourné et j'ai pu discerner du coup beaucoup mieux quel coup jouer (planter des dates), à quel moment le jouer (parce que le joueur d'en face va faire tourner la caravane), en fonction de sa stratégie (je suis parti super fort en embauchant quelques types, il faudrait que je me donne du mou en achetant un niveau de banquier), et surtout en fonction des autres coups des autres joueurs (il se prépare à récupérer telle plante, je ne peux pas l'en empêcher, est-ce que je peux essayer de tirer quelques avantages en étant majoritaire sur une zone des jardins pour avoir tout de même une reconnaissance (cad des points de victoire) ).
En Bref, Amyitis est un jeu qui peut être apprécié après plusieurs parties et après plusieurs parties d'autres jeux. Je crois la caravane dans le jeu est une métaphore d'un parcours ludique : on revient parfois aux mêmes endroits (jeux)en étant changé et enrichit de ce que l'on a connu au cours de notre parcours. On apprécie d'autant plus cet endroit (jeu) où l'on s'arrête (que l'on fait) en fonction de ce que l'on a fait depuis notre dernier arrêt (notre dernière partie).