Retour sur Terre
Un jeu d'Alan R. Moon avec un thème de science-fiction ? En découvrant Andromeda, j'étais presque parvenu à mettre de côté mon petit a priori négatif vis-à-vis des créations de l'auteur de Les Aventuriers du Rail. Mais assez vite les mêmes démons ressurgissent.
Andromeda est, paraît-il, un jeu de commerce spatial. Et ce thème aurait pu être la base d'un jeu original en proposant un univers en marge des combats intergalactiques, généralement en vogue dans les jeux à sujet futuriste. Non, ici le thème reste à l'état de brouillon – l'esthétique du jeu est d'ailleurs d'un kitsch ridicule –, et il n'est visiblement conçu que pour enrober de miel des mécanismes amers.
En effet, le système de jeu est complètement artificiel. On ne comprend pas très bien le rapport entre les actions des joueurs et ce qu'elles sont sensées représenter en terme de background. Il est question de collectionner des cartes identiques et de poser un bon nombre de ses pions sur des cases communes à tous les joueurs. Autrement dit, dans Andromeda, on trouve déjà ce qui fera le succès public de Moon plus tard avec Les Aventuriers du Rail et San Marco.
Sauf qu'ici au hasard des cartes, déjà énervant, s'ajoute le hasard du « cendrier ». Ce concept, le plus original et le plus sympathique du jeu, transforme les majorités en probabilités et offre à chacun, même à ceux dont les chances de succès sont les plus faibles, la possibilité de l'emporter. Il a malheureusement souvent le gros défaut de ruiner les stratégies, de sorte qu'il est difficile de voir plus loin qu'un tirage de cube. A cette pauvreté stratégique répond tout de même une relative richesse tactique qui sauve un peu le jeu de l'insignifiance. Encore une fois, c'est le côté « grand public » de Moon qui parle. Certains apprécieront.