Mais oui, je veux sauver le roi : ça s' voit pas ?
Astoria est mon gros coup de cœur du moment.
Doté d’un matériel magnifique et somptueux, il a en outre l’avantage de proposer deux versions de jeu complètement différentes.
Tout d’abord, la version dite « laboratoire » est celle qui m’a permis de découvrir ce jeu. Etrangement, je trouve ce jeu plus complexe à appréhender que la version « épique ». Il semble en effet difficile d’y établir une stratégie. Bien sûr, il s’agit d’un jeu qui plaira aux fans de l’opportunisme et même s’il est pourvu d’une mécanique accessible et astucieuse, il me semble - je n’ai pas assez de partie à mon actif - qu’il gagne furieusement à être joué en équipe. Y jouer à 2, même si cela est possible (et tout à fait jouable), m’apparaît un peu fade tandis que le fait de jouer en équipe (en évitant de toutefois trop jouer à la parlante au niveau stratégie) apporte un souffle collectif bienvenu, original et vraiment très sympa. Et plus de tension aussi.
Mais si Astoria mérite à être connu, c’est, àmha, surtout grâce à sa géniale version épique : Si cette dernière peut paraître complexe au prime abord, une seule partie suffit à décanter un peu tout cela. Et ensuite, une fois la mécanique de jeu un peu apprivoisée, ça n’est que du bonheur. La version épique permet en effet de rentrer dans un jeu semi-coopératif (« semi », parce qu’il y a deux clans dans le jeu) qui n’est pas sans rappeler l’excellent Chevaliers de la table ronde. Et plus on avance dans la partie, plus le jeu change d’ambiance. Au départ, on œuvre tous ensemble pour sauver le roi, puis, petit à petit, les rôles (secrets) se dessinent, se révèlent. Des coups « bizarres » sont joués et la tension monte : Celui que l’on croyait être un allié n’est qu’en fait un vil traître.
Bref, Astoria-épique est un jeu comme on en voit rarement : Il associe, harmonieusement tant l’ensemble est équilibré et varié, coopération et jeu. On ne s’y ennuie pas une seconde, on cogite, on se fait des coups fourrés tout en surveillant la progression des différents marqueurs sur le plateau de jeu et surtout, on s’y amuse réellement. Vraiment, ce jeu-là vaut sérieusement le détour. Si, au départ (1ère partie), il faut se donner un peu de mal pour apprendre cette version du jeu, après, je le dis et le répète, ça n’est que du bonheur.
Et qui plus est, cette version-ci est parfaitement jouable à deux, ce qui ne gâche rien au plaisir ! :o)
Bref, s’il n’avait fallu que noter la version laboratoire, je pense que j’aurais mis un bon « 4 pouics » mais vu tout le bien que je pense de la version « épique », je revois mon jugement à la hausse et donne volontiers « 5 pouics » pour Astoria.