Chapeau bas, le jeu à l'état pur.
Attika est une pure merveille, un petit bijou, l’un des fleurons de toute bonne ludothèque.
Avez-vous vu beaucoup de jeux qui à partir de mécanismes simples mais riches demandent réflexion, stratégie, adaptation…tout en donnant un très vif plaisir ?
Le matériel est sobre mais agréable à manipuler. Certains trouvent le thème artificiel. Certes, mais il est malgré tout bien choisi et c’est ici une question secondaire. Attika est un jeu de mécanismes, un jeu de l’école allemande, et à ce degré de qualité c’est tout ce qui compte.
Sa grande force tient dans ce qu’il place constamment les joueurs devant des choix : relier des sanctuaires ou réaliser toutes les constructions ; piocher et poser, poser à partir de la réserve visible ou tirer des cartes ; finir une pile ou non ; utiliser les amphores une à une ou les thésauriser ; gêner un adversaire ou laisser faire le sale boulot aux autres. Or, contrairement à beaucoup de créations ludiques où le hasard occupe finalement une trop grande place, Attika n’est pas un jeu pour les étourdis et les ramollis du cerveau, chaque décision ayant son importance : l’erreur ne pardonne pas !
J’ai pu lire ici ou là qu’Attika manquait d’interactions, que c’était un jeu froid. J’en pleure de rire en pensant aux parties jouées avec Fabulous Fab et Frisconet, aux tuiles posées pour bloquer mes adversaires, aux chaînes stoppées avec délice.
Dernier et incontestable atout du jeu : il est passionnant à 2, à 3 comme à 4 joueurs. Suivant ces différentes configurations, les stratégies qui conduisent à la victoire varient pour le plus grand plaisir des mordus d’Attika.