AuZecours j'ai levé un shoggoth.
Avec AuZtralia Martin Wallace continue de tracer son sillon ludique sans plus trop se préoccuper des modes et tendances (sauf dans la présence du désormais incontournable mode solo). Mais une fois n'est pas coutume, si on retrouve inévitablement sa griffe personnelle (le thème et certains aspects du système), je trouve qu'il recycle ici bien moins que de récente mémoire.
Le jeu repose sur une base de pose d'ouvrier / gestion ; on utilise les actions de son plateau personnel pour développer son réseau ferroviaire, ses fermes à points de victoire et... ses troupes ! Car des Grands Anciens se terrent (c'est le cas de le dire) dans les terres intérieures de l'Australie et ne manqueront pas de se réveiller à venir y défricher de trop près.
AuZtralia n'est ni un grand jeu ni un grand Wallace mais il est original en Diable (de TaZmanie ?) et ne manque pas de piquant ; l'ingrédient 'Grands Anciens' sème la panique sur le plateau et, s'il se révèle un peu trop aléatoire dans les affrontements, il est indéniablement fun. C'est un régal de réveiller une menace en espérant la voir débarquer chez un autre joueur pour finalement se la reprendre en pleine figure.
Et cet aléa sied au déroulement assez opportuniste du jeu du fait de l'offre de personnages aux effets très variés, des possibles gains au combat et du comportement parfois imprévisible desdits Anciens.
Par ailleurs cela m'a fait plaisir de voir repris le système d'Olympos pour l'ordre du tour : chaque action consomme du temps et une piste de temps borde le plateau pour marquer la fin de la partie. De sorte que chaque joueur dispose d'un 'capital' temps pour l'ensemble de la partie et que le joueur actif est le plus à la traîne sur cette piste. Opportunément un seuil prédéterminé déclenche le réveil des Grands Anciens et la piste sert également à déclencher leurs actions.
Enfin je dois souligner que le mode solo me semble un modèle du genre et présente un réel intérêt en tant que tel, compromis satisfaisant entre l'aspect puzzle de la gestion (la certitude de ses actions et l'usage du capital temps) et hasardeux de la menace cthulhu-esque. Et j'apprécie d'avoir un objectif et non de simplement jouer le score (même si les deux sont ici liés).