Avez vous déjà vu... un chevalier se transformant en village !
Barony fait partie des jeux sur lesquels je me serais rué étant gosse. Il faut dire que l'adorable petit garçon que j'étais avait bien de la peine à résister à tout ce qui proposait des châteaux et des chevaliers. Avec des jolies illustrations, en plus de ça ! Autant dire que la boîte vend du rêve, contrairement au jeu qu'elle renferme...
L'amie chez qui j'ai joué à affirmé que Barony était simple à comprendre et rapide à jouer. Eh bien... oui et non, ai-je envie de dire.
Les règles ne sont pas compliquées en soi. Après quelques minutes de jeu, les tours s'enchaîneront rapidement, à moins de jouer avec d'anciens joueurs d'échecs, ça c'est sûr. Vous risquez cependant d'être largué en début de partie. Tout vous paraîtra ambigu et chaotique. Chaque action est bourrée de restrictions et sert à des fins peu discernables de prime abord. Heureusement, tout est répertorié sur votre petit plateau personnel. Tout rentrera gentiment dans votre crâne.
Le jeu lui-même n'est pas très long. La partie se règle en une soixantaine de minutes. Autant dire qu'on a vu pire. Mais d'un autre côté, le jeu risque de vous paraître long, pour la raison qu'il est plat et fade.
Oui, ce sont des mots durs. Et sans doute ne représentent-ils pas le ressenti des joueurs à l'unanimité. Mais ce sont vraiment les mots qui me venaient en fin de partie (que j'ai gagnée en plus, attention !).
Le problème dans Barony est qu'il ne se passe rien. Vous aurez un vaste territoire sur lequel se promèneront quelques gentils chevaliers Transformers qui ont la particularité de se changer en village ou forteresse. Parfois, ces chevaliers feront disparaître un chevalier adverse ou un petit village, mais c'est bien tout. Ne vous attendez pas à un jeu épique et rythmé, Barony est un long fleuve tranquille où tout se déroule tranquillement, sans qu'il n'y ait de réels rebondissements. Les batailles sont... Non, en fait je ne peux pas appeler cela des batailles. Les chevaliers se contentent de faire disparaître un village ou un chevalier adverse en créant le surnombre sur l'hexagone. Pas de lancer de dé, pas de cartes, pas de fléchette à lancer, ce n'est qu'une question de majorité. Vous l'aurez compris, Barony est un jeu de placement dans le plus pur style européen.
Mais les jeux de placement, ça peut être bien, hein ! Sauf que celui-ci est soporifique à souhait. C'est calculateur et mou, il n'y aura jamais de surprises ou de coups inattendus qui vous feront bondir de votre chaise. Les joueurs se contentent de faire les mêmes actions presque en boucle. Vous vous trouvez en présence d'un jeu froid et mécanique qui vous fera bâiller à vous en décrocher la mâchoire. A vrai dire, vous aurez l'impression d'avoir pris dix ans en fin de partie.
Le matériel est sinon très joli et de bonne facture. Voilà d'ailleurs peut-être ce qui sauve le jeu selon moi. Mais soyons honnêtes, ce n'est pas ce qui me donnera envie d'y rejouer. Quitte à jouer à un jeu abstrait, je préfère encore Splendor du même créateur.
... Purée, rien que d'écrire cet avis m'a fait bâiller un paquet de fois...