Entre enfoirés, un régal!
Ce jeu ne s'adresse pas à tout public.
Il faut être bien potes et aimer se faire des gros coups de p\*\*\*.
Tout d'abord, le thème de la prohibition et de la contrebande de whisky est excellemment retranscrit dans ce jeu, où chaque tour de jeu représente une année dans l'Amérique de la prohibition. Au bout des douze années de prohibition, le plus riche des contrebandiers d'alcool sera déclaré vainqueur.
Tout est réuni pour être dans l'ambiance : toutes les phases de jeu reprennent les différentes étapes de la fabrication, livraison et vente de whisky, du coup elles s'enchaînent de manière très intuitive.
Les cartes action violentes et la négociation permanente laissent la place à un brin de diplomatie mais surtout beaucoup d'intimidation fort dans le ton...
Il n'y a aucun temps mort, puisque chaque phase de jeu est jouée simultanément par tous les joueurs.
Les mécanismes sont nombreux mais sont simples et les tours de jeu s'enchaînent : majorité pour le contrôle des bars, enchères simultanées via des cartes pour l'ordre du tour, négociation très libre pour gérer les surplus de whisky ou au contraire rentabiliser la place libre dans ses camions, prise de risque puisqu'on envoie ses camions vers un bar sans connaître la demande...
Il y a un petit poil de stratégie, mais aussi beaucoup d'opportunisme, et surtout BEAUCOUP de tchatche.
Le hasard paraît très présent mais en fait il ne fait pas basculer les parties, par contre la tchatche et une utilisation judicieuse de la menace oui. On est VRAIMENT dans la peau d'un gangster.
Du coup tout le monde n'aimera pas, c'est sûr!
Sinon, au rang des défauts, chez nous lors des parties à 4 joueurs nous avons trouvé que la fin arrivait un peu vite (un joueur atteint 100000 dollars vers le tour 8 sur 12 tours en tout).
Peut faut-il essayer de jouer à plus ou supprimer la condition de victoire des 100000 dollars.
Sinon, tout s'enchaîne de manière très fluide, on rit beaucoup et le temps passe très vite quand on joue à Bootleggers.