Querelles byzantines
Pour commencer, j'ai trouvé la règle littéralement imbitable. J'y ai passé la semaine et après l'avoir relue maintes fois, consulté les FAQ, forums et autres erratas et passé encore une bonne heure dessus, nous avons quand même fait des erreurs de jeu... Une des règles les pires que je connaisse en somme, pour un jeu qui est relativement fluide et logique une fois qu'on a perdu sa première partie à apprendre le jeu.
Le thème des querelles intestines fatales à Byzance est extrèmement bien rendu dans la mesure où l'on s'attaque un peu soi-même en instrumentalisant la conquète arabe et la résistance byzantine. Même les Bulgares et les Perses sont de la fête. Il n'y a que trois tours mais les possibilités d'action sont si nombreuses que ça peut durer des plombes en fait.
A part ce reproche sur la forme, le jeu est non seulement très beau, sans doute ce que Wallace a fait de plus beau d'ailleurs, et on retrouve sur le fond la saveur d'un bon croisement ludico-historico-calculatoire à la Wallace, au moins aussi bon que Princes de la Renaissance... et largement aussi tordu et compliqué que Struggle of empires. Du bien lourd, donc, mais aussi du bien bon si on aime se prendre le chou jusqu'à pas d'heure autour d'interminables querelles byzantines.
\[Plus tard] Après en avoir enchainé plus d'une, je révise mon avis pour lui mettre 5/5 ce qui est assez rare (d'habitude c'est l'inverse). Une fois qu'on sait y jouer, Byzantium apparaît étonnement fluide et même rapide, toutes proportions gardées.
C'est un jeu très stratégique, où le placement est déterminant, la gestion des possibilités d'actions, évidemment, mais aussi où il est primordial d'avoir un oeil sur le plateau de l'adversaire, comme à Puerto-Rico, le tout pimenté par la dimension tactique des assauts, et un peu de tension bienvenue lors des jets de dés.
Le jeu tourne excellement à 2 ou à 3 joueurs, aucune partie ne ressemble à une autre, que du bonheur.