Faidutti au sommet de sa forme.
Les illustrations des cartes sont splendides et le thème parfaitement rendu. Certes, c'est un bon départ, mais cela ne fait pas obligatoirement un grand jeu.
Les esprits chagrins trouveront sans doute qu'il est bien difficile de vaincre à Castel si l'on rechigne à lire les cartes, à les mémoriser toutes et à connaître parfaitement leurs effets. D'autres au contraire regretteront que la victoire se joue souvent à peu de chose quelque soit la stratégie employée.
La force de Castel c'est avant tout de laisser croire au vainqueur qu'il a triomphé par son intelligence supérieure, parce qu'il a su prévoir des enchaînements d'actions. C'est réellement le cas parfois, mais le coup de pouce d'un autre joueur qui finit par choisir le vainqueur décide souvent du sort d'une partie. C'est d'ailleurs pourquoi, au delà de sa ressemblance frappante avec les échecs, Castel devient aussi au fil des multiples parties un jeu d'influence, de viles représailles, de petits coups fourrés, qui sourit tantôt au plus fanfaron qui s'emporte dès qu'on l'attaque, tantôt au plus humble qui se fait oublier en serrant sa main tremblante sur sa dernière carte.
En conclusion, un jeu d'une intelligence rare au mécanisme magnifiquement équilibré.
Une collaboration Laget-Faidutti de grande classe.