La satisfaction de l'artisan
Après avoir cherché la sortie du labyrinthe d'Onirim au cours de nombreuses parties, me voici rendu au château de l'Onivers. Castellion est le titre qui m'attirait le moins dans la collection de jeux de Shadi Torbey en raison de l'image que je m'en faisait, sorte de tower defense mâtiné de pose de tuiles. J'ai tout de même tenté l'aventure et je ne le regrette pas tant les sensations procurées par le jeu sont loin de mes suppositions.
Une fois joué le premier niveau, simple tutoriel permettant de se familiariser avec les fondations du jeu, on se retrouve face à un casse-tête agréable qui demande de gérer le tirage aléatoire des tuiles de manière tactique tout en gardant une vision d'ensemble du jeu, indispensable à la réussite de la partie. Ce deuxième niveau de difficulté est déjà très plaisant en soi et peut tenir quelques parties avant qu'on ne se sente prêt à passer à la suite : l'affrontement contre la Menace, ennemi polymorphe dont on sent le danger latent tout au long de la partie.
D'un côté, les contraintes de pose, le tirage des tuiles et les "demandes" de la Menace. De l'autre, les différents pouvoirs des habitants du château et les effets bénéfiques des formations dans lesquelles ils se placent. L'affrontement est rude mais, loin de sombrer dans le calculatoire, on ne tarde pas à retrouver les sensations d'Onirim, ce flow si particulier qui fait évaluer instinctivement les choix offerts à chaque instant.
On trouve cependant quelques automatismes (construction prioritaire d'une tour, utilisation très fréquente du pouvoir des voyants pour pallier au tirage...) que les différentes variantes et l'extension ne poussent pas assez à réévaluer. Pas de quoi bouder son plaisir tant la vingtaine de minutes nécessaire à la construction du Castellion se révèle à chaque fois prenante, mais un léger bémol tout de même.