Revigorant par son système et sa rapidité
Claustrophobia est clairement un jeu dans la lignée que l'emploi du temps des jeunes adultes impose : rapidement assimilable, pas trop long et suffisamment original pour ne pas laisser un arrière-goût de déjà-vu.
La lecture des règles m'a un peu inquiété : je craignais d'avoir affaire à un jeu demandant plusieurs parties avant d'en tirer la substantifique moelle. Pas du tout : une seule partie aura suffi. Dès la deuxième, ma compagne et moi jetions les dés par pelletées entières, avec un rythme effréné. Certains scénarios sont une course à l'échalote, et les choix tactiques sont nombreux, car aucune stratégie n'est de mise d'emblée : selon l'évolution du scénario (et la chance insolente, parfois, du joueur Démon), il faudra choisir entre rester groupés pour emplafonner du troglodyte, ou bien laisser ses spadassins courir comme des malades, dans une fuite éperdue vers la tuile finale. Mais bien souvent, ce sera un mélange des deux.
Le joueur humain est clairement en difficulté, et il découvre quelques petits plaisirs à faire tirer son adversaire dans un coin pour laisser le passage à d'autres -- ce que le joueur Démon appréciera, car c'est aussi l'occasion pour lui de diviser pour mieux régner...
Claustrophobia, pourtant, ne s'offre pas facilement : après une vingtaine de parties, nous sommes loin d'en avoir fait le tour. C'est la force du système de tuiles (qui font tout de même penser à Dungeon Twister) et du jet d'initiative humain, qui redistribue les cartes à chaque tour.
Le temps annoncé est parfaitement crédible : une partie se joue en 40 minutes. C'est encore un bienfait du système de jeu. Dans la mesure où le joueur humain ne cesse de s'affaiblir, tandis que le Démon gagne régulièrement en puissance, il faut boucler le scénario au plus vite. Et c'est, une fois n'est pas coutume, clairement l'humain qui donne le tempo. Moins il passe de temps dans ces labyrinthes infernaux, plus il a de chances de mener à bien la mission qui lui a été confiée.
Notons enfin que les figurines, sans être exceptionnelles, sont bien faites et permettent de plonger rapidement dans l'univers. Je n'avais pas accroché à Hell Dorado, mais Claustrophobia remplit son office.
On joue.
Puis on rejoue.