Le dilemme du prisonnier au pays des dragons
Lorsque dans ma prime jeunesse j'ai reçu mes premiers cours de théorie des jeux, en particulier sur le fameux dilemme du prisonnier, j'étais loin de m'imaginer que c'est effectivement dans un jeu que j'en verrai l'application la plus tangible. Ce fameux principe selon lequel deux personnes, même si elles ont intérêt à coopérer, en viennent à se tromper mutuellement pour peu qu'elles puissent espérer y gagner un peu plus, jusqu'à finalement tout perdre.
Fantasy Business est donc une sympathique mise en application ludique de ce vieux principe. On coopère, on se soutient, on se congratule, jusqu'à la première trahison qui déterre la hache de guerre, et fait basculer la partie. Et comme personne ne sait vraiment quand ça arrivera, c'est une vraie guerre psychologique à laquelle les joueurs se livrent, sous des faux airs de jeux pour Bisounours. Un système tellement sournois qu'il en devient vraiment plaisant, même s'il est assez calculatoire et ne fonctionne vraiment bien qu'à cinq.
Néanmoins, je regrette un peu le côté répétitif du jeu, lorsqu'après les premières trahisons, le doute s'étant installé, tout le monde propose le prix minimum. Bah oui, lorsqu'on s'est fait enfler une ou deux fois, fatalement on devient méfiant. Il est d'ailleurs possible de tuer le jeu dès le départ en jouant l'agressivité maximale, ce qui peut présager d’une partie vraiment décevante. De plus, les cartes spéciales me semblent exagérément déséquilibrées et amènent un élément de chaos dont le jeu n'avait pas forcément besoin. Au final, Fantasy Business part donc d'un très bon principe mais qui aurait pu être mieux exploité, et propose des parties très inégales selon les partenaires avec lesquels on joue.