Je suis fan!
Dans Firenze, il va falloir construire des bâtiments de plusieurs étages. A chaque tour, on doit payer une certaine somme d’étages pour avoir une carte à effets ainsi que les 4 (ou plus) étages qui lui sont attribuées (un peu dans l’esprit de Patrizian de Michael Schacht). Comme dans Norenberc du même auteur, les marchandises (étages dans ce cas ci) servent aussi de monnaie, on ne change pas une mécanique qui gagne.
Le truc qui fait toute la différence dans Firenze, c’est que les cartes sont extrêmement déséquilibrées allant de la plus puissante à la plus mauvaise (pour soi ou pour tout le monde). Pas de problème, me direz-vous, les mauvaises cartes resteront sur la table.
Et bien pas du tout, selon un principe bien retors, la valeur d’achat des mauvaises cartes va diminuer à chaque tour (comme à Wikinger ou Norenberc) mais surtout le nombre d’étages qui leur est associées va augmenter au fur et à mesure de sorte qu’elles finiront tôt ou tard par être prises.
Ceux qui aiment les jeux où l’interaction se limite à tirer une tuile, carte, matière première qui peut intéresser leur voisin peuvent passer leur chemin, ils seront ici extrêmement frustrés, certaines cartes ayant des effets vraiment agressifs. J’imagine dès lors le nombre d’avis négatifs qui risquent de pleuvoir fustigeant le chaos régnant. A ceux là, je répondrais que ce défaut apparent a été magistralement évité par l’auteur. En effet, à part en ouverture de partie, la carte apparaissant à chaque nouveau tour sur la table sera disponible à un prix prohibitif et donc restera un petit temps sans effet avant qu'elle ne soit achetée, de sorte que le joueur prévoyant aura tout le loisir d’anticiper et de se prémunir contre des effets négatifs à moyen terme (générant des sensations proches de l’Année du Dragon).
Je ne vais pas plus développer sauf que vous l’aurez compris, je suis totalement conquis par Firenze qui prend à contrepied ceux qui dénigrent la froideur de la production allemande.
Seule petite ombre au tableau pour être totalement honnête : l’effet kingmaking peut être présent, mais, c’est bien connu, on ne fait d’omelettes sans casser des œufs.