Cartes et développement, cinquième !
Fürstenfeld se situe bien dans la tendance actuelle à développer des jeux de développement avec l'introduction de cartes à jouer. D'ailleurs, il reprend un peu l'idée du deck de Dominion, mais ici, le deck est complet dès le départ, et les joueurs doivent plutôt en gérer le « flux », obligeant les joueurs à s'adapter et les empêchant de suivre une voie stratégique toute tracée. Du coup, Fürstenfeld conserve sa touche propre, son originalité. L'autre point unique dans le jeu réside dans l'espace réduit donné à disposition des joueurs : très vite, il faut écraser ses anciens bâtiments, faire des sacrifices, et ce particulièrement en fin de partie où tous les espaces se font progressivement remplacer par des palais inutiles.
L'interaction entre les joueurs est assez limitée : il y a certes la course à la construction du palais (plus on construit vite, plus les palais seront chers pour les autres), mais surtout un système de cours des matières premières qui rappelle furieusement le « marché » de Funkenschlag ! Malgré des manipulations qui peuvent paraitre fastidieuses (enfin, moi, j'aime bien jouer avec les meeples), ça marche assez bien.
Il ne faut clairement pas s'attendre ici, comme il semble être la mode chaque année, à un nouveau Funkenschlag : Fürstenfeld se situe plutôt dans la production habituelle de l'auteur, c'est-à-dire des jeux « poids moyen » de 45 minutes à une heure, toujours originaux, jamais bêtes. Si l'opus de l'an passé, Fabrikmanager, n'avait pas évité l'écueil du jeu excessivement calculatoire, Fürstenfeld apparait bien mieux équilibré de ce point de vue. Bref, plutôt une réussite, même si on peut exposer quelques réserves sur la durée de vie du jeu. Le temps nous le dira.