Du pétrole donc pas d’idées
Giganten c’est le syndrome « Krieg und Frieden » : un bon jeu serait avant tout un jeu où tous les mécanismes concourent au rééquilibrage de la partie. Alors le choix est cornélien entre ouvrir un puits, ou investir, ou prendre une carte. Malheureusement pas besoin d’être ingénieur pétrolier pour comprendre en fonction de votre situation qu’il ne s’agit que de fausses alternatives, et que ce vous avez de mieux à faire vous est dicté par votre situation dans le tour. Donc chacun joue dans son coin, prie de tomber sur le derrick qui rapporte et c’est en définitive le joueur le mieux placé, grâce aux multiplicateurs de fin de partie, qui l’emporte, les autres joueurs finissant dans un mouchoir de poche. Bon, il nous a fallu 2h30 pour le comprendre et tout le monde, gagnant comme perdants, a trouvé le jeu conventionnel, lourdaud et décevant. Oui le matériel est très beau, comme dans Krieg und Frieden. Oui vous l’aimerez si vous aimez Krieg und Frieden.
Pour ma part, je n’en suis pas et je ne crois pas que la quête de la synthèse des mécanismes du jeu allemand soit le meilleur filon. En effet, un bon jeu n’est pas fait d’un empilement de mécanismes, aussi intéressants soient-ils pris séparément, mais de leur pertinence. Or, si Giganten en a tout les ingrédients, la recette est sans saveur.