Sous le charme ...
Après quelques parties dont une en mode solo, j'avoue que Gingkopolis demeure une énigme pour moi; la seule certitude qui a tendance à germer pour l'instant dans mon esprit, c'est que nous sommes bien en présence d'un jeu complètement atypique, élégant et jouissif par la mécanique qu'il propose et par moment terriblement frustrant comme je vais tenter de l'expliquer plus bas.
Quelques parties et je commence à peine à ressentir une ébauche de ce qu'il faut tenter de mettre en place pour gérer au mieux sa partie.
Tout dabord, installer son jeu en essayant de créer une dynamique de développement en profitant au maximum des cartes bonus de départ. A ce sujet, le draft me semble indispensable dès que le jeu est découvert et que les mécanismes sont assimilés. Viennent ensuite les moments de dilemme et de frustration: Dilemme au moment de faire le choix de la meilleure action à jouer à cet instant et même double dilemme parfois quand il se mêle à l'envie de privilégier son jeu au risque d'abandonner à son voisin de table la carte qui fera son bonheur ou bien faire justement la rétention de celle-ci dont il ne profitera pas mais qui n'apporte rien ou pas grand chose à notre propre jeu.
Frustration? Celle de l'attente de cette carte "ultime" qui n'arrive pas, celle qui conforterait une position ou qui renverserait la majorité dans un quartier. Seulement voilà, le jeu est tel que c'est une fausse bonne idée de penser qu'il y aura toujours une bonne carte à jouer parmi les 4, parfois, souvent même, il faudra composer avec elles et se résigner à jouer la moins mauvaise en attendant meilleure fortune, celle qui va permettre un coup d'attente pour profiter de se refaire en ressources ou en tuiles par exemple. Il faudra parfois être patient et résister à l'envie de faire usage de ses jetons "changer sa main", idée bien vue par l'auteur qui avorte du coup tout reproche qui pourrait être fait sur la part de chance que recèle le jeu.
Enfin, les points de victoires se gagnent sur 3 tableaux et si ceux remportés sur les dominations de quartiers semblent les plus évidents et les plus importants car ils se font en réelle compétition sur le dos et au détriment des autres joueurs, ils ne semblent pas ultimes pour la gagne tant les points glanés petit à petit au cours de la partie surtout si on a su créer un moteur à collecte de points et par les cartes bonus peuvent être autant sinon plus puissant en fonction des choix personnels que l'on a fait.
Voilà, Gingkopolis est donc pour moi une énigme, un jeu qui se révèle, se découvre et se livre petit à petit ... un jeu que j'ai envie de découvrir toujours un peu plus et de faire découvrir aussi... Un jeu mystérieux à la mécanique tellement élégante que le seul repproche que l'on pourrait lui faire est qu'elle relègue au second plan un thème qui finit par devenir complètement anecdotique,
Une énigme dont les aspects et les charmes vont encore se dévoiler avec le temps... pas trop vite ... pour que cette agréable sensation qu'il laisse persiste encore longtemps.