Houba Biloba
Ginkgopolis se présente comme un jeu de construction d'une cité futuriste fondée sur le développement durable, à l'image du Ginkgo Biloba, une des plus anciennes espèces d'arbre de la planète.
En réalité, le jeu est passablement abstrait et la thématique parait assez artificielle.
Mais cette abstraction n'est ici en rien une faiblesse, car elle met en valeur une mécanique d'une rare élégance, qui fait de ce jeu l'un des meilleurs jeux de gestion existants, bien qu'il ait une complexité et une durée de partie seulement intermédiaires.
A son tour de jeu, le joueur n'a que trois actions possibles : construire en hauteur, étendre la ville en surface, ou exploiter une carte bâtiment.
Autour de ce principe simple et efficace, de nombreux mécanismes de gestion sont mis en œuvre (tirage, choix d'objectifs, combos, contrainte de ressource, point de bascule, placement, majorité, cout de conversion, ...), mais de façon harmonieuse et parfaitement équilibrée.
En fin de partie, il n'y a que trois sources de points de victoire : les points glanés en cours de partie, les points de combos apportés par les cartes bonus, et les points de majorité sur les quartiers contrôlés.
L'interaction est assurée par le mécanisme de tirage, et par la lutte pour la majorité sur les quartiers qui se forment progressivement dans la ville.
Certains pourront reprocher la part de hasard liée à la pioche des cartes et à celle des tuiles bâtiments. Ce hasard est réel, mais il est tempéré par le choix qu'on fait à son tour parmi 4 cartes, et parmi toutes les tuiles déjà collectées au cours des tours précédents. Il me semble que le hasard adoucit un peu le jeu sans le dénaturer, et sans affaiblir sa dimension stratégique et tactique.
Ginkgopolis est donc un très bon jeu de gestion, remarquable par l'élégance de sa mécanique.