Un patchwork indus, juste un peu moche.
A la vue de Glasgow et de ses illustrations d'un autre âge, n'ayez surtout pas peur d'un énième jeu de pose d'ouvrier redondant, car même si on y accumule des ressources pour construire des bâtiments, le feeling général est plutôt celui d'un patchwork (ou Nova Luna), voire d'autres jeu à deux malins et rapides comme Jaipur. Le côté mini jeu de ressources/construction me fait penser aussi au génial Havana, même si ce dernier n'est pas forcément optimum à deux et qu'il s'agit avant tout d'un jeu de cartes avec programmation cachée. Bref, ce sont tous de petits jeux très malins aux parties et aux explications rapides, qui donnent immédiatement envie de rejouer et s'avèrent ensuite plus profonds qu'ils n'en ont l'air. Un genre finalement pas si fréquent (normal puisque sa condition sine qua non est l'excellence).
Glasgow est donc d'une extrême simplicité pour un jeu de ressources: on tourne sur un cercle de tuiles de collectes ou d'actions, on prend des matériaux puis on construit petit à petit une ville au centre du cercle, on active les échanges pour obtenir plus rapidement ce dont on a besoin par la suite.
Ok, mais jusque là rien de bien intéressant, alors voilà le coup de génie: la ville est commune aux deux joueurs MAIS chaque bâtiment appartient bien à l'un ou à l'autre (grâce à de petites flèches) de sorte que le quadrillage construit peu à peu va se réactiver sur un principe de rangées et colonnes, au bénéfice des propriétaires respectifs. C'est génial comme idée cette réactivation systématique, et beaucoup plus facile à gérer que dans l'incroyable casse-tête qu'est Ragusa (un jeu à faire uniquement lorsqu'on est très, très disponible mentalement).
Hautement recommandé donc, à placer au Panthéon des jeux à deux qu'on ne regrette jamais de sortir. Et comme d'habitude on regrette de ne pouvoir le partager avec d'avantage de gens en même temps!