T’es cham ou t’es pas cham ??
Attention ce jeu est une véritable bombe. Une paquet de carte, des jetons, 20 minutes, un équilibrage micromètrique et roule.
Quand on commence à jouer face à un joueur correct on a l’impression de ne tirer que des cartes poubelle alors qu’il tire des bonnes cartes, on se dit « c’est pas possible de manquer de bol comme ça ! » et puis quand on fait 15 parties et qu’on se prend 15 dérouillées on finit par se dire « il y a un truc » et on se pose on réfléchit, on regarde à droite à gauche des vidéos sur des sites français anglais pour comprendre.
Au départ je pensais que Jaipur était un jeu ou le hasard avait une grande importance, à force de perdre face à des joueurs réguliers j’ai finit par avoir un doute et après quelques informations chopées à droite à gauche, il est très clair que Jaipur n’est en aucun cas un jeu de hasard. Alors oui sur un mauvais tirage et on peut perdre beaucoup mais ces situations sont finalement très peu fréquentes et le fait de proposer la victoire en deux manches permet de clairement lisser le facteur chance.
Les règles de ce jeu sont assez simples, comprendre les principes de base ne prend pas plus de 15 minutes et on enchaîne les parties, on prend du plaisir rapidement. Et puis on essaie de se confronter à des joueurs un plus aguerris et là c’est les premières raclées. Le premier concept indispensable à maîtriser dans Jaipur c’est l’utilisation convenable des chameaux. Si on les prends on ouvre des possibilités à l’adversaire mais ne pas le faire revient clairement à se tirer une balle dans le pied et c’est de qui rend les choix cornéliens. Au départ il est très difficile de lâcher certaines denrées mais au final il faut apprendre à accepter d’abandonner certaines possibilités à son adversaire pour mieux exploiter les possibilités qu’on a. C’est à mon avis la grande leçon de ce jeu. On ne peut pas tout maîtriser et le but n’est pas de tout gagner mais de gagner plus que l’adversaire et pour cela il faut laisser passer certaines bonnes opportunités pour privilégier les meilleures. Mais il ne faut pas non plus lâcher ces occasions n’importe comment. Offrir par exemple 2 argents au joueur adverse est nécessaire quand on est sur un coup diamant ou or, voir une très grosse série tissu cuir épices, lâcher 3 argent est parfois rentable mais si on lache 4 carte c’est très tendu. Sauf à avoir une idée derrière la tête ou qu’il ne reste que 3 argents sur le marché c’est une stratégie risquée. Jaipur est donc un jeu qui nécessite de faire très attention au jeu adverse. Le fait qu’il y ait une denrée de plus que de cartes on sait facilement combien de cartes restent en jeu, et si cette donnée vous est facilement accessible elle l’est aussi pour le joueur adverse et donc il est indispensable d’en tenir compte si on veut améliorer son jeu. Après vient le comptage des chameaux dans la main adverse. Je pense qu’il est même possible d’aller plus loin si l’on fait des statistiques notamment des probabilités pour gagner un avantage sur le joueur adverse. Je pense qu’on peut aller loin, très loin dans ce jeu il y a une énorme marge de progression.
Une mécanique Impeccable, une présentation un rien désuète mais colorée, attachante et agréable qui semble nous vendre un « petit jeu tout bête » mais au final pas du tout. un jeu diablement accrocheur, addictif avec une marge de progression qui semble énorme un peu comme au poker « 5 min pour apprendre les règles, des années pour maîtriser le jeu ». Ceux qui pensent que le jeu est trop limité en terme de possibilités ne se sont pas confrontés à des joueurs un peu connaisseurs. Je vous recommande de tâter un peu du jeu sur bga mais attention la chute risque d’être terrible.