Un dragon qui souffle le froid et le chaud !
Khan Tsin souffre un peu de la comparaison que j’ai pu faire avec Kamon découvert au même moment. Le jeu est plus riche que ce dernier mais sensiblement moins fun.
Le matériel est du même acabit c’est-à-dire très beau et surtout très agréable à manipuler. Le plateau de jeu réversible en cuir véritable tranche avec les productions habituelles.
Le thème n’est qu’un prétexte mais la qualité de fabrication contribue au plaisir de jouer si cela restait encore à prouver.
Les règles sont simples mais laisse une grande liberté de mouvement. Les coups possibles sont nombreux et comme le mécanisme est basé sur l’anticipation, il est très difficile d’appréhender toutes les subtilités lors des premières parties.
La contrepartie de ce mélange paradoxal de simplicité et de complexité est qu’il est presque impossible de prévoir les coups à l’avance comme on le fait habituellement avec d’autres jeux abstraits. On a aussi la fâcheuse impression en début de partie de jouer un peu dans son coin sans maîtriser réellement les événements.
Khan Tsin est un jeu profond et remarquable par sa présentation mais trop épuré pour amuser.
Il ravira ceux qui aiment élaborer des stratégies complexes dans les jeux abstraits mais peut décevoir les autres par ses mécanismes trop calculatoires.