Chef-d'oeuvre
Voilà un jeu qui traînait depuis longtemps dans ma liste et pour lequel je n’avais pas encore craqué. Alors j’ai profité de ce long week-end pascal pour me rendre dans ma crèmerie favorite afin de mettre la main dessus et d’y jouer en famille. Histoire de voir si oui ou non le jeu nous parle autant qu’il a parlé aux jurys de tous les prix ludiques qu’il a reçu.
Parlons d’abord réalisation et origines. C’est important pour un jeu. Parce qu’un jeu ce n’est pas qu’une simple boite en carton avec du matériel dedans. C’est une mécanique et un travail artistique et éditorial. Et sur le papier, ce Kingdomino a déjà de quoi séduire. Bruno Cathala aux règles du jeu et à la mécanique ansi que Cyril Bouquet aux pinceaux. L’ensemble supervisé par la maison Blue Orange. Autant dire que le jeu me faisait de l’œil avant même d’avoir vu une vidéo ou lu les règles. Je suis un grand fan du travail de Bruno Cathala (notamment pour Five Tribes ou Mr Jack qui restent mes deux jeux préférés de tous les temps) et le voir arriver sur un jeu de dominos m’intriguait. Je peux vous le dire tout de suite j’avais raison !
Kingdomino est un jeu de pose de domino. Dans sa version la plus basique, chaque joueur doit construire autour d’un château (une tuile neutre) un royaume de 5 cases par 5 cases en respectant deux régles de placement : ne pas dépasser du carré de 5x5 et avoir au moins un côté de domino en commun. Mais la vraie trouvaille, à mon sens, est dans la manière d’acquérir ces dominos. On pose d’abord un domino par joueur (faces visibles) dans un ordre dicté par les numéros au dos. Ensuite, on pose à nouveau des dominos et celui qui a pris le domino avec le plus petit nombre (donc le moins “puissant” joue en premier et choisi son prochain domino et ainsi de suite. Chaque choix de domino est un dilemme entre la puissance du domino que l’on choisit et la position que l’on veut au prochain tour.
Comme vous le voyez, côté règles, on est dans l’ultra léger. Le jeu s’explique en 3 minutes et la mécanique est totalement limpide et évidente. Notre grand de 5 ans est immédiatement rentré dans le jeu et a compris tout de suite comment enchérir et placer ses dominos. Et pourtant, le jeu propose une réelle profondeur de gameplay et une vraie reflexion tactique. Je le comparerai volontiers à un Splendor, dont les régles sont simples, mais qui crée une vraie réflexion et un vraie dilemne pour le joueur. Nous avons joué en famille 5 ou 6 parties ce week-end, mais nous n’avons pas résisté au plaisir de refaire quelques parties entre parents le soir, surtout que le jeu propose un mode “défi” où il faut construire un royaume de 7X7 (27 raisons de plus de se faire des noeuds au cerveau !).
Alors vous l’aurez compris. Kingdomino (et Queendomino) sont de vrais coups de coeur, et en plus pour toute la famille. Accessibles mais profonds, aussi bien adapté aux parties avec les enfants qu’aux adultes même dans leur déclinaisons les plus simples, ils viennent de prendre sa place tout en haut de ma ludothèque et des jeux que l’on prendra plaisir à sortir et à ressortir.
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