Bon
Il y a quelque chose de politique dans la décision de tant de conventions et festivals de récompenser Kingdomino : rappeler que ces prix ne sont pas réservés aux grosses machines, aussi inventives soient-elles, à ces blockbusters du jeu de société dont les plateaux, les milliers de figurines, les dés, les cartes et cubes en bois de cinquante types différents couvrent à chaque partie le sol de toute votre maison. Et ainsi rappeler que le principal, c’est de faire un jeu avec lequel on s’amuse, qui fonctionne parfaitement, sans frustrer, qui soit stimulant, malin, et satisfaisant. C’est beaucoup, mais ces sentiments peuvent être éprouvés indépendamment du type de jeu… ou de son prix, quitte à réinventer des formes ludiques que l’on croit figées
Or Kingdomino est l’exemple même du jeu mystérieusement addictif. Les règles en sont enfantines, les parties très courtes, les mécaniques peu nombreuses, les choix très raisonnablement tactiques, le design à peine cartoony, dans une espèce d’entre-deux entre pure lisibilité et plaisir des couleurs malgré tout, sans quête d’une absolue beauté à la Imaginarium, pour citer un autre jeu de Bruno Cathala. Son intuition était bonne, le pari réussi : en simplifiant les visuels, en garantissant la qualité du matériel, tout en restant sous les 20 euros, il a ressuscité le jeu de dominos et fait d’une oeuvre de commande un classique instantané, appelant naturellement des extensions !
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