jardins à l'allemande
La mécanique de Louis XIV est impressionnante et rarement un équilibre entre réflexion, contrôle, fun et chance aura été aussi maîtrisé, fignolé et parfaitement agencé. On est toujours sous tension, chaque choix impliquant données tactiques, sacrifices, prises de risques et bluff.
Beaucoup a déjà été dit sur l'intérêt des différentes conditions de majorités propres à chaque personnage, sur le fait que ces conditions puissent changer d'un tour à l'autre, sur le système de déplacement des pions d'influence qui permettent d'atteindre et de planifier ses objectifs même sans la bonne carte tout en pouvant distiller habilement une pointe de bluff (par quel personnage est-il réellement intéressé?), sur la double réserve qui oblige à une gestion et une anticipation pointue. Ajoutez à cela l’interaction indirecte des différentes personnalités de la cour entre elles de par les avantages qu’elles donnent (Colbert, le Grand Condé et Mme de Maintenon par exemple), de par l’ordre dans lequel les décomptes s’effectuent et de par les cartes Intrigue qui permettent d’influer à posteriori et vous avez avec Louis XIV un exemple parfait de bel ouvrage à l’allemande, huilé, pensé, ordonné, où rien ne dépasse et dans lequel le joueur va pouvoir se perdre avec délectation dans un labyrinthe ludique charpenté à la perfection.
Les blasons si décriés ne sont pas un problème. Il suffit de savoir que pour chaque 2 blasons de différence, il y aura en moyenne 1 point en plus avec le jeu final des majorités. C’est un facteur de plus à estimer et à prendre en compte dans ses décisions.
Le jeu à 2 joueurs est plus hasardeux que dans les autres configurations et le jeu à 3 est un peu bancale mais une fois ceci accepté les deux fonctionnent bien et l’on s’amuse de toute façon toujours beaucoup.
A 4 joueurs, par contre, c’est le bonheur absolu et rarement jardins ludiques à l’allemande ont été aussi agréables à parcourir.