Finalement une bonne surprise !
Comme beaucoup sans doute, je m'étais laissé dire que Löwenherz bleu, c'est comme le lait ou la crème, c'est moins bon que le rouge. Fan et heureux possesseur de la première version, j'en étais resté là, dédaignant les tablées ayant le gout des produits allégés et insipides. Quelques années plus tard, constatant que la boite rouge avait pris une sérieuse couche de poussière, la faute à une durée longue et des négociations parfois fastidieuses et fatigantes, je me suis procuré cette nouvelle version, avec le secret espoir en prime d'y jouer en famille.
Et là, la révélation : loin de déflorer le jeu, la suppression de la phase de négociation/enchères permet aux joueurs de mieux se concentrer sur ce qui fait son originalité, à savoir la mise en place et le développement des territoires sur le plateau. Le hasard qui a pris la place des enchères impitoyables rend certes le jeu plus léger et moins stratégique, mais finalement moins répétitif et plus ludique. Et les négociations n'ont finalement pas vraiment disparu : le marché les remplace avantageusement, et la construction d'un très grand royaume, ou une extension mal venue ne laissent jamais une tablée indifférente. Le principal défaut du jeu étant sans doute une fin de partie un peu trop courte : on préfèrerait souvent un tour ou deux de plus, histoire de permettre plus de risques en construisant des royaumes plus grands. Ceci dit, c'est vraiment plutôt un choix d'auteur qu'un défaut d'équilibrage, j'ai pris sur moi de le respecter, et c'est très bien aussi. Cerise sur le gâteau, cette version est excellente à deux et trois joueurs, contrairement à la précédente qui ne prenait tout son sel qu'à quatre joueurs.
Mon snobisme me perdra.