Maudits galions
Masterislands, c'est toute une histoire.
Ceux qui, comme moi, se sont laissés séduire par le projet et le crowndfunding le supportant, ont vu leurs nerfs mis à rude épreuve. Entre les aléas que subit l'équipe de production et de flagrantes erreurs lors de la menée du projet, les mécontents ne tardèrent pas à se faire entendre. On peut les comprendre : après avoir "pledgé" sur un petit projet de jeu a priori sympathique, il leur fallu s'armer de patience, et se heurter au silence de Sofa Games, souvent aux abonnés absents (sans doute parce qu'ayant moult soucis à régler).
Pire encore, lorsque le jeu finit par sortir des presses, sa livraison prit des délais très variables et souvent assez peu compréhensibles. Pour enfoncer le clou, certains contributeurs eurent la désagréable surprise de découvrir Masterislands en boutique avant d'être livrés...et à un tarif plus attractif que celui auquel ils avaient participé.
Voilà pour la genèse, douloureuse et sans doute mal conduite de ce petit jeu de cartes.
C'est du passé, désormais. Le jeu est là, et bien là. Et vous savez quoi ? C'est un sacré bon jeu, qui ne méritait pas sa pénible gestation. Mêlant habilement placement et conquête, Masterislands va vous entraîner dans un drôle d'archipel dont vous découvrirez les îles avec vos deux meeples-galions, dans l'espoir de conquérir les îles en question. Les règles sont vite appréhendées (même si elles auraient mérité d'être un peu éclaircies), le matériel est plutôt joli, la jouabilité est avérée dès deux joueurs, que demander de plus ?
C'est avec un petit pincement au coeur qu'on joue à Masterislands, parce que ce jeu, mieux mené en production, aurait pu foncer tout droit vers un beau succès (mérité). Hélas, sa mise à l'eau laborieuse risque d'en faire un vaisseau fantôme.