Wargame light
Memoir 44, souvent adulé, parfois détesté. Pour savoir à quelle catégorie vous appartenez, il n’est même pas nécessaire d’y jouer. Si vous êtes un adepte des wargames très complexes, des jeux à figurines qui nécessitent un niveau certain de geekitude, ce jeu n’est pas, a priori, fait pour vous. C’est un wargame, certes, il y a de la figurine, mais la similitude s’arrête là. Memoir 44 est une version basique de ce type de jeu, une version grand public où le hasard par les jets de dés et la pioche de cartes a une influence certaine sur le cours du jeu. Le plus stratège ne gagnera pas forcément à tous les coups. Deux fois sur trois, je dirais. C’est ce qui assure le côté presque familial du jeu et explique son succès, je pense. Vous pourrez y jouer avec un gamin de 10 ans sans l’écraser systématiquement à chaque partie. L’éditeur a sorti un très grand nombre d’extension, multipliant les théâtres d’opération et les scénarios. Ce qui contribue un peu plus à brouiller les cartes et à confondre ce jeu avec un wargame pur et dur. Personnellement je trouve que la boite de base et ses nombreuses batailles promettent déjà de nombreuses heures de plaisir. Et le jeu, efficace certes, ne possède pas une mécanique à ce point géniale qui justifierait l’achat, dans mon chef, de toutes ses extensions.
Pour ce qui est du côté reconstitution (chaque scénario singe, en formes hexagonales, les unités en présence et le terrain de bataille d'un véritable épisode de la bataille de Normandie), cela permet une certaine immersion, mais c’est très schématique, presque caricatural. Ils auraient pu en inventer de toutes pièces, cela ne m’aurait pas forcément gêné.
Voilà, en conclusion, un bon wargame light, qui a ses qualités et ses limites, mais qui procure de nombreuses passionnantes heures de jeu avec sa boite de base.