L'abstraction ludique
Metropolys est un double tour de force : abstraction et enchères. 2 mots normalement bannis de mon monde ludique. Je déteste Zertz et Modern Art.
Et pourtant...
D'accord, le thème est plaqué. Mais au moins, il y a un thème. En plus, j'aime beaucoup le parti-pris graphique : ce vintage néo-renaissance donne au jeu un vrai style, une identité propre.
Les mécanismes sont extrêmement simples (comme souvent dans les jeux abstraits) mais aux conséquences multiples, tant à court terme qu'à long terme. Le mécanisme d'enchère me ravit ici pour la bonne et simple raison que tout sort du jeu et rien n'est transformé ou réinjecté. Pas de "Si je mise xxx thunes pour être premier, je sais que ça va me rapporter ça, qui va me donner ça, qui va me donner yyy thunes que je pourrai utiliser au tour suivant pour miser...". Les conséquences sont bien plus faciles à appréhender.
Et surtout, Metropolys possède toutes les caractéristiques nécessaires à mon bonheur ludique :
Objectifs cachés : j'suis juste fan.
Gestion du tempo : ici poussé à l'extrême. On peut tout aussi bien tout utiliser en début de partie que dépenser de façon régulière ou même tout claquer dans les derniers tours.
Fin de partie variable et sous contrôle des joueurs : et ça peut être très brutal.
Interactivité : gestion de la direction géographique que prennent les enchères, identification et gestion des objectifs adverses, ...
Faux jeu chaotique : Finn Hesse et Dhoi Thay sont demandés à l'accueil !
De très très loin mon Ystari préféré.