Bonchoi Madame, bonchoi Mademoiselle et bonchoi Mo
Mykerinos est une réussite totale.
Le matériel est de très bonne facture. Les petits morceaux du plateau de jeu servent astucieusement de cartes personnages. Le format de la boîte est idéalement compact et les illustrations sont réussies. Les règles sont simples et les parties sont rapides.
Les mécanismes sont parfaitement huilés. Les multiples choix à faire donnent constamment l’impression que l’on peut contrôler le cours des événements. Les joueurs doivent prendre des décisions en permanence et l’ interaction entre les joueurs est constante. Les tours s’enchaînent sans temps morts. Ce rythme soutenu tout le long de la partie fait qu’on ne trouve pas le temps long en jouant à Mykerinos.
Les joueurs sont continuellement confrontés à des dilemmes. Doit-on prendre cette carte ou aller dans le musée pour devancer ces adversaires ? Doit-on prendre la carte qui avantagera un concurrent au décompte ou marquer le maximum de points pour soi même en choisissant une autre ? Le jeu comporte bien des subtilités qu’il est difficile de cerner lors de la première partie.
La tension est permanente mais jamais stressante ou prise de tête comme dans d’autre jeux.
Le seul petit reproche serait un petit manque d’ambiance du à un thème attirant mais apparaissant un peu plaqué sur les mécanismes. Le système de pose des pions sur les mini-plateaux fait penser à un jeu abstrait sans être aussi froid grâce à une habile alchimie distillée par un matériel élégant et des actions bonus apportés par les mécènes.
Ces derniers semblent inégalement utiles et influencent plus ou moins fortement le cours de la partie. Cependant les parties sont remarquablement équilibrées. Au départ les joueurs sont de toute façon sur un pied d’égalité pour s’ approprier tel ou tel mécène en fonction de la stratégie qu’ils élaborent.
Un jeu français à la fois rapide, plaisant, beau et subtil, vendu à un prix raisonnable, ça existe !