Petit mais costaud
Mykerinos fait parti de ces jeux à posséder d’urgence :
1°) Il ne prend pas de place,
2°) il n’a pas un coût excessif
et 3°) surtout, oui surtout, il est excellent !
Quelque soit le nombre de joueur (à deux, comme à plus), on éprouve du plaisir à jouer : Rapide à jouer, les règles sont simples et la tension augmente au fur et à mesure des saisons (les tours de jeu, qui sont au nombre de quatre) : Plus on avance, plus on voit les scores des joueurs progresser en cours de partie sur la piste des scores mais cela ne veut parfois rien dire, tant, si l’on y prête pas attention, il peut y avoir des retournements spectaculaires avec le décompte final des points obtenus grâce aux combinaisons des cartes mécènes.
Même si le thème peut sembler un peu tarabiscoté à la mécanique, il n’en demeure pas moins finement utilisé et, finalement, on se prend assez vite au jeu des explorateurs/organisateurs d’expo en cours de partie. Ce thème est donc une valeur ajoutée certaine puisque cela permet aussi à des non gros joueurs de plonger dans le jeu plus facilement.
Quant à la mécanique, si, à la base elle est relativement simple (on pose chacun son tour un ou deux pions sur des cartes-territoire pour les gagner en y étant majoritaire ; ces mêmes cartes ayant un recto figurant en fait un personnage), voire peu originale, sa grande originalité justement est de permettre de jouer sur deux plateaux de jeu différents. Il y a donc le désert (qui permet d’obtenir des cartes), mais il y a aussi le musée (qui permettra en fin de partie de donner plus de valeurs aux cartes obtenues) dont chaque place est comptée et précieuse.
Cela n’a l’air de rien, mais c’est, àmha, la présence même de ces deux plateaux de jeu (aussi important l’un que l’autre) qui fait la très grande force de Mykerinos.
Même de plus gros jeux de majorité, comme les excellents Kardinal \&Konig ou El grande par exemple, ne proposent pas ce genre de réjouissement cérébral (même si ces derniers en proposent tout de même d’autres, mais « autrement » ! Ne me faîtes pas dire ce que je n’ai pas écris !).
Enfin, il y a encore plein de petits détails qui font que finalement la sauce Mykerinos prend carrément bien : Plateau de jeu modulable (le désert est constitué au hasard), gestion de ses pions (il faut parfois savoir les économiser pour en avoir plus au tour d’après ou pour prendre une meilleure place sur la piste d’ordre des joueurs)… etc.
Aussi simple soit-elle, ces règles ont été testées et éprouvées : Cela se sent et tant mieux : C’est de la fine ouvrage au final qui fait vraiment plaisir à jouer.
Mykerinos fait donc, pour moi, parti des grands jeux (et des bonnes surprises) de l’année 2006.