La plus petite des pyramides de Gizeh
Même si j'ai découvert Mykerinos en compagnie de son auteur, on ne pourra pas m'accuser de partialité, tant mon avis est mitigé. Je ne suis habituellement pas amateur des jeux de majorité, pourtant la création de Nicolas Oury présente de nombreux attraits à mes yeux, et des faiblesses aussi.
La première chose qui frappe, c'est le grand nombre de choix qu'on a à faire au cours de chaque partie, relativement au format du jeu. Tout semble important. Il faut gérer au mieux ses cubes, la prise de tuiles et son placement au musée. Le moindre détail paraît avoir des implications importantes. Si bien qu'on a la sensation d'être constamment en train d'orienter ou du moins de légèrement réajuster l'orientation de son jeu. En découle une tension et une implication permanente assez jouissive.
Le jeu tourne bien et les parties sont fluides grâce à des mécanismes plutôt simples et bien pensées, à l'exception peut-être de l'équilibre entre les différents mécènes. Le système de jeu est aussi élégant et ingénieux qu'il est artificiel. En fait, il paraît d'autant plus élégant et ingénieux qu'il est artificiel. En effet, le thème est visiblement plaqué. Toutefois paradoxalement et sans doute grâce au soin apporté à l'esthétique et au matériel, il est assez présent. On a néanmoins souvent l'impression de se contenter de poser des cubes de bois sur des cases abstraites et non pas d'envoyer en Égypte des archéologues sur les traces de tombeaux pharaoniques.
Mais à peine une partie de Mykerinos est-elle commencée qu'elle est déjà finie. Et c'est finalement ce qu'on pourrait reprocher le plus à la création de Nicolas Oury : elle manque de ventre, d'ampleur. Il y a finalement peu de stratégies payantes, et c'est surtout la dimension tactique qui prime. La variété des parties est loin d'être infinie. On se retrouve souvent à faire la même chose. A partir de là, une certaine monotonie peut s'installer.