La fourmi est kubenbiste, c'est là son moindre défaut
Clairement, dans la multitude des jeux de société récents, Myrmes fait partie de ceux qui parviennent à rester et auxquels on continue à jouer même plus de trois mois après leur sortie, une fois le premier buzz passé. Et c'est amplement mérité.
Qu'il est agréable d'avoir, pour une fois, un jeu de gestion exigeant et profond qui soit en même temps aussi thématique ! On est réellement impliqué dans le développement de sa fourmilière et la lutte pour sa survie sur le terrain, où les ressources sont rares.
Le jeu respecte aussi à la perfection la thématique de la fourmi qu'on imagine laborieuse et prévoyante, comme dans les fables. Prévoir, planifier, seront les maîtres mots à ce jeu. Dès le printemps, il faut commencer à penser à l'hiver. D'accord, on veut faire plein de trucs pour choper des points de victoire, mais arriverai-je à nourrir mes ouvrières quand la bise sera venue ?
Il faut noter que le jeu génère une bonne dose de frustration, et qu'il faut être prêt à l'accepter : on est (très) limité sur la durée de la partie (9 tours qui passent à toute vitesse), sur le nombre d'actions que l'on peut effectuer (ah mais pourquoi j'ai jamais assez de nourrices !), sur l'espace vital qui nous est alloué (mais bouge ta phéromone de là, tu vois pas que tu gênes !)
A noter aussi une belle courbe de progression sur ce jeu : au fil des parties, on apprend de mieux en mieux à faire des points, à lire le plateau et à profiter de ses adversaires (l'endroit où on place ses premières tuiles lors du tout début du jeu peut être déterminant en troisième année...)
Un jeu excellent donc, mais il ne faut pas avoir peur de la frustration ludique ni de la planification long terme à la ressource près. J'avoue pour ma part préférer des jeux un peu moins comptables et davantage basés sur l'adaptation constante. Mais rien que pour l'adéquation thème / mécanique et sa profondeur, Myrmes mérite son succès et l'estime de tous les joueurs.