Tombé à l'eau
L'idée semble a priori amusante. Et effectivement il y a un plaisir indéniable à s'imaginer navigant à bord d'un canoë sur une rivière agitée, au bord d'une puissante cascade, pour mettre la main sur de précieuses gemmes. De plus, le jeu est servi par un matériel de qualité (beaux petits éclats cristallins, gros canoës de bois et plateau « en relief ») qui contribue parfaitement à rendre très simple le mécanisme simulant le flux ondoyant de la rivière. Un thème attractif et une édition à la hauteur, Niagara marque des points d'entrée de jeu.
Malheureusement, le reste ne suit pas. La création de Thomas Liesching ne s'encombre pas de subtilités. Les règles sont succinctes. Trop. Elles peinent à générer de la profondeur et de la richesse. Pas étonnant pour un jeu qui a obtenu le Spiel des Jahre en 2005. De ce manque de profondeur et de richesse découle la lassitude. Les parties se ressemblent toutes, et, passé l'émerveillement de la découverte, c'est l'ennui qui s'installe. Le beau matériel paraît alors bien superflu, à la limite du jouet.
On a fait bien mieux depuis pour réunir autour d'une même table joueurs occasionnels et joueurs exigeants.