Sauve qui peut
Noé bénéficie de règles claires et accessibles, simples sans être simplistes, ainsi que d'un matériel agréable et soigné.
Un bémol ergonomique : le gros jeton Noé n'est pas pratique et occasionne des déplacements involontaires des minuscules marqueurs de score.
Pour un jeu de cette gamme, on ne va pas se plaindre : c'est déjà très plaisant d'avoir un mini plateau à assembler, et des illustrations variées et de qualité.
Au niveau du gameplay, je n'ai personnellement pas du tout accroché, bien que de toute évidence cela doit plaire à des enfants ou des joueurs occasionnels en recherche d'une alternative au Uno.
Il s'agit en effet d'un énième jeu de défausse avec contraintes. A son tour, la carte à poser est tellement évidente qu'on joue en mode automatique, subissant sa mauvaise main ou au contraire surfant sur des enchainements heureux.
Mettre un 3 en stratégie sur la fiche du jeu relève pour moi de l'imposture. Le seul choix qu'on a vraiment est celui du bateau sur lequel le joueur suivant devra jouer... Peu de réflexion à la clé, puisqu'on peut arranger son adversaire sans le savoir, comme le bloquer par hasard. La girafe permet certes de choisir en connaissance de cause : tout le monde utilise donc cette carte de la même manière pour tenter de pourrir le joueur suivant (sans que celui-ci puisse répliquer).
Sans surprise, le jeu est d'autant plus chaotique que le nombre de joueurs est élevé. Les cartes sont assez inégales avec notamment l'escargot qui est très à son avantage. Pour finir, je trouve les bonus pour "bateaux remplis" bien trop importants : la victoire se joue donc essentiellement à celui qui complètera (3 et 4 cartes pour les dernier départs.. ça fait tout!)
Un jeu à l'esthétique réussie mais aux choix très très limités : en famille ou entre joueurs peu exigeants donc.