N'Or en Miam
Comme avec Hansa Teutonica, Andrea Steding nous propose ici un jeu qui, sans être foncièrement original, se révèle terriblement bien conçu. Norenberc est un pur jeu d’achat / vente, une simulation économique dans un univers concurrentiel féroce, où les évolutions de marché sont pratiquement connues d’avance.
Le jeu bénéficie d’une mécanique très épurée. Il n’y a globalement que trois actions possibles à chaque phase : acheter, vendre ou recruter un invité. Aucune complexité artificielle, donc ; mais cette simplicité de façade est vite oubliée tant chaque choix regorge de finesses et d’effets collatéraux. La principale tension repose sur l’équilibre à trouver entre argent et ressources : le fait de collecter des ressources est essentiel pour s’assurer des majorités, mais immobilise un pécule dont on manque par ailleurs cruellement.
Certains aspects sont en outre assez déroutants : le fait qu’on puisse parfois avoir l’impression de se retrouver avec trop d’actions, les possibilités d’organiser des pénuries, la relative violence de certains invités...
Le matériel est quant à lui généreux, avec de gros meeples colorés qui lui donnent un aspect dinette presque assumé - une candeur esthétique qui tranche avec la relative complexité du jeu.
Au final, Norenberc est pour moi une belle réussite, même si son aspect calculatoire risque de rebuter les réfractaires au genre.