De l'attrait pour l'attrait
Dans le paysage ludique mondial (sic !), Polarity est un jeu d’exception puisqu’il est l’un des très rares à utiliser l’aimantation comme moteur. Mais si souvent, cette approche peut sembler anecdotique (même si sympathique - je pense à un jeu comme « shogun »), elle compose ici la substantifique moelle du jeu… qui lui donne justement tout son attrait.
Et Polarity est aussi un vrai jeu avec beaucoup de placement dedans, mais aussi de la prise de risque : Plus la partie avance, et plus il devient difficile de se placer. Il faut donc savoir être le premier à prendre les meilleures places en pensant à s’en garder pour les coups à venir. Les parties sont donc tendues à souhait et ça n’est que du bonheur.
Polarity me fait penser au billard : Quand un adversaire joue, on le respecte en ne le dérangeant pas. Même si l’ambiance y est décontracté, c’est un jeu où il faut rester se concentrer et gérer son stress physique (ne pas trembler, ne pas avoir de mouvements brusques)… et Il faut aussi savoir être précis dans ses gestes pour placer « en douceur » ses disques car la moindre erreur peut amener à des revirements de situation spectaculaire.
Son seul petit défaut, à mon sens, est de ne pouvoir se jouer qu’à deux, mais rien de bien grave : Il semble possible d’adapter très légèrement les règles afin de pouvoir y jouer à un peu plus nombreux.
Et l’air de rien, quand une partie est tendue (avec des joueurs de même niveau), on en sort certes un peu vanné, mais satisfait du résultat.
Enthousiaste.
Et ça, c’est un signe qui ne trompe pas ! On a affaire-là à du tout bon !
Certains trouveront sûrement l’utilisation de l’aimantation dans un jeu par trop anecdotique, superficiel : Ils se trompent. Polarity démontre clairement le contraire : L’auteur a en effet su tiré parti du mécanisme (l’aimantation) pour l’amener vers le haut et en faire un vrai jeu de concentration et de placement, simple et efficace.
Un vrai grand jeu que vous pouvez acheter les yeux fermés donc !