Le point final
Eh oui, Pünct est, d'après son sympathique auteur, le sixième et dernier jeu de la série du projet Gipf (n'empêche, je me demande qui sera le premier à donner un avis dont le titre ne contiendra pas le mot "point"...)
Alors peut-être mon avis sera-t-il rendu subjectif par mes affinités pour le projet tout entier, mais après quelques parties je trouve que Monsieur Burm a placé la barre très haut.
Déjà, (première remarque subjective) le jeu est très beau et très agréable à jouer avec ses pièces qui s'imbriquent pour former les étages supérieurs.
Ensuite, Pünct révolutionne le jeu de connexion (en tout cas dans sa version avancée) avec deux façons de gagner assez opposées : relier deux côtés opposés de l'hexagone (classique) où être le plus présent au milieu lorsqu'un joueur joue la dernière pièce de sa réserve. Sachant qu'on peut rester indéfiniment avec une pièce devant soi (il suffit de déplacer les pièces déjà en jeu plutôt que d'en introduire une nouvelle), la fin de partie peut être précipitée ou retardée au besoin, et il convient donc de ne jamais baisser sa garde.
Ajoutons à celà les règles de translation et de rotation des pièces déjà en jeu autour de leur pünct, la possibilité de superposer les pièces les unes sur les autres pour bloquer la connexion adverse en prolongeant la sienne (mais sous certaines conditions tout de même) et on obtient un jeu d'une grande mobilité qui permet des retournements de situation répétitifs. Ces changements de position obligent à trouver des coups qui soient un bon compromis entre l'attaque et la défense pour ne pas se laisser surprendre par un contre dévastateur.
Pünct reste un jeu abstrait où le débutant n'a aucune chance face à un adversaire expérimenté. Mais comme les autres jeux du projet Gipf, il est ludique et le plaisir est immédiat. La profondeur est cependant bien réelle, malgré la simplicité des règles.
En bref, une grande réussite que je place juste après Dvonn dans mon palmarès des six jeux du projet Gipf.