Au pays de Machiavel :fortuna et virtu
Renaissance ne nie pas son héritage du côté de Risk, et certainement pas celui de Montjoie, ni sa prentée avec Condottière. A vrai dire, les mécanismes du jeu ne sont pas vraiment excitants, ni très originaux. Pourtant, ce jeu a comme une saveur de Renaissance italienne. Ce qui détermine les actions du jeu c'est certes le hasard, ce que Machiavel appelait la fortune, en gros tout ce qui est imprévisible et qui ne dépend pas de la volonté du Prince. En ce point, le jeu Renaissance met effectivement les joueurs en position d'être confrontés à la fortune. L'art d'être un Prince relève de la Virtu, c'est à dire la capacité à faire face et à maîtriser la fortune, de prévoir, de réagir, ... d'être un lion conquérant ou un renard rusé. En ce point aussi, le jeu demande aux joueurs une réelles capacité d'adaptation, ici les stratégies bien planifiées, les coups répétitifs qui gagnent n'ont pas droit de cité.
Les alliances sont réellement le coeur du jeu, et quelques règles vous plongent dans le contexte (par exemple le pion Savonarolle).
J'aime ce jeu pour cette raison, il me fait me sentir dans la peau d'un prince de la renaissance, il me fait vivre dans une Italie de cités rivales, fragmentées entre pouvoir temporel et spirituel, entre enjeux de prestiges et enjeux économiques. Saurais-je tisser des alliances ? Saurais-je les trahir au bon moments ? Saurais-je éviter une vendetta ? Saurais-je être suffisamment lucide/vertueux ?
Le jeu est cependant un peu long, ce qui ne correspond pas à la tendance actuelle. Il ressemble un peu à Condottière en plus long, mais avec plus de vernis.