Un jeu mou et sympathique, à mille lieues de Loyang
"C'est pour moi les tomates, rien que pour moi!"
Voilà, ça c'est Reykholt. Un jeu conçu par quelqu'un qui autrefois nous faisait plutôt crier "mais COMMENT je vais trouver ces 3 fucking tomates???"
Il vaut d'ailleurs mieux complètement oublier Loyang pour jouer à Reykholt.
Reprendre un tel jeu de cartes complexe, libre, audacieux, expérimental, pour pondre un petit jeu de pose d'ouvriers aussi cadré et simple... semblait une idée totalement saugrenue.
Tout ça pour ça? Ne garder que les cartes champs et la possibilité de monter sur la piste de score en payant ? Mais le sel de Loyang c'était les échanges en folie, les clients intraitables, les actions qu'on fait dans l'ordre qu'on veut, les jeux de dupe pour chopper les bonnes cartes... Tout ça n'y est plus. Alors ça donne quoi, un jeu sans sel?
Bah non, en fait, ça valait carrément le coup de revoir sa copie, parce que même s'il est tout l'inverse de Loyang, Reykholt est vraiment sympa. Oui, il est bêtement gratifiant à la candy crush et absolument pas tendu, mais quand même super sympa. Uwe est parfois très méchant (voir le casse-tête infernal du Caverna deux joueurs) mais ici il a décidé d'être gentil, un peu comme dans Cottage Garden, et ce n'est pas mal du tout.
Deux détails à noter: le jeux est sombre et moche, comme à l'époque où on se croyait obligé de mettre partout des dégradés sombres avec Photoshop. D'autre part, il comporte plein de cartes pour varier un peu les parties (des pouvoirs à acquérir, des événements généralement négatifs à la Orléans, des variantes de règles...) ce qui fait un peu l'effet d'un faux legacy à la Pfister, mais finalement ne change pas grand chose et permet sans doute de casser un peu la répétitivité des actions.
Personnellement, je m'en fiche un peu car je ne compte ressortir Reykholt que quand je me sentirai un peu mou et apathique, à l'image même de ce jeu deux de tension, donc peu importe après tout si on fait toujours les mêmes actions. Allez encore 3 tomates pour moi!