Ne pas se fier aux apparences...
« Mouais… un énième jeu de placement avec enchères sur un thème vachement glamour (la culture des patates)… En plus, t’as vu la tronche de la boîte ? C’est quoi, ça, un jeu commerce équitable ? Et puis mate un peu la gueule des palmiers, en plastique vert fluo, bonjour le matos… Y-z-auraient du encore le faire plus petit, le plateau… Et puis tous ces billets, c’est un monopoly, ton truc ? »
C’est sans doute le genre de remarques que vos amis adeptes de Puerto Rico (dont je suis) et autres Euphrat vous feront la première fois que vous sortirez Santiago. Ils n’auront d’ailleurs pas tout à fait tort.
Mais surtout, surtout, ne restez pas sur ces impressions, et essayez : le jeu est fin, très fluide, malin, tendu, très interactif, original dans ses mécanismes, fun, et même un chouïa politiquement incorrect (on soudoie ! Dans un jeu allemand ! « pssst, je te donne la thune et tu le construis ici, le canal, ok ? » ! Incroyable !). Et en plus, il n’est pas cher.
Les mécanismes sont finalement logiques par rapport au thème (je n’irais cependant pas jusqu’à dire que c’est un jeu au thème fort, mais enfin, c’est quand même pas Ra), ce qui en fait à mon avis une bonne introduction aux jeux d’enchères à l’allemande.
Et puis le plateau n’est pas si moche que ça, finalement ; il est même extrêmement lisible, ce qui est très agréable.
Je n’ai pas essayé à 3 joueurs, mais je prend le pari que le jeu y perd en tension, ce qui est dommage.