Quand Santiago nous prend par surprise …
Je ne sais pas si vous avez remarquez, mais les plus fortes émotions que l’on ressent c’est lorsqu’on s’y attend le moins. Un film dont vous n’attendiez pas grand chose et qui vous scotche au fauteuil, un livre, ouvert par hasard, dont vous terminez les 400 derniers pages d’une traite vers 3 heures du matin parce qu’il est hors de question d’attendre le lendemain pour savoir comment ça va finir. Et bien pour ma part, Santiago fait partie de ces phénomènes.
Rien d’alléchant à première vue, une boite vert moche (et je ne parle même pas du thermoformé à l’intérieur, je ne savais pas que cette couleur existait ! ! !), un minuscule plateau quadrillé (Tigre et Euphrate en plus épuré, si, si c’est possible), des tuiles colorées carrées avec des légumes dessus, des billets style mauvaise contrefaçon de monopoly, des petits cubes on ne peut plus classiques, des petits bâtonnets bleu pour la plupart, un cylindre bleu, 3 palmiers en plastoc, un bonhomme en carton qui a du mal à tenir de bout et bien sur la règle du jeu.
« C’est quoi le thème ? » «Plantation et irrigation. » « Tout un programme. Et les mécanismes ? » « Placement et enchères. » « Original. C’est pas un jeu allemand par hasard ? » « Si pourquoi ? » « Pour rien. »
A ce moment précis toute personne normalement constituée referme la boite et passe à autre chose.
Bon, les autres ouvrent le feuillet de règle (enfin la traduction en français, plutôt). Et ça ne commence pas très bien : 11 tours (9 à 5 joueurs), 7 phases de jeu par tour … Ouille ! Va falloir se rappeler de tout et ça promet d’être long en plus …
C’est à ce moment qu’intervient le premier effet Santiago. Les règles sont extrêmement simple et facile à retenir et déjà à leur lecture on sent qu’il va se passer des choses intéressantes. Ce n’est pas la panacée, mais c’est déjà un bon début.
Et puis la partie commence, et là le jeu livre toute sa richesse. Choix cornéliens, interactions omniprésentes, pas une minute pour souffler. C’est tendu autour de la table et ça c’est très bon signe. Ça tourne, et ça tourne même très bien.
Mais déjà la partie se termine. Premiers commentaires à chauds. « Pas mal ton jeu, c’est rapide en plus », « Sympa finalement. On en refait une autre ? » « Ouais une autre, que je prenne ma revanche » …
Beaucoup de plaisir autour de la table cette fois là … et les suivantes … Alors qu’à première vue rien ne laisser imaginer ça. Une magnifique surprise.