Bluffera, bluffera pas ?
Boelinger m'avait déjà émerveillé lors de mes débuts dans la jungle ludique avec Dungeon Twister. N'hésitant pas à se diversifier, il nous propose aujourd'hui un pur jeu abstrait, contrastant avec le thème fort de ses autres créations, Earth Reborn en tête.
Sarena est, comme on dit, "tout con" : un petit plateau avec des cases rondes, certaines marquées de flèches, d'autres non, avec, au début de la partie, un pion par case. A son tour, un joueur choisit un pion et lui fait effectuer un et un seul mouvement. Ce faisant, il crée des piles qui ne pourront jamais être séparées. Une pile ne peut pas être haute de plus de 4 pions. Simple.
Mais l'astuce est que les pions, étant double-face, peuvent être retournés ! Comment ? En déplaçant un pion ou une pile de pions sur une case marquée de flèches vide. Et c'est là que ça se complique !
Sarena est un délice de bluff et de manipulation. Chaque joueur s'est vu attribué une couleur parmi les quatre présentes et doit s'assurer que cette dernière surplombe un maximum de piles. Mais si vous jouez de façon trop évidente, vous vous ferez griller et il deviendra aisé pour vos comparses de ruiner vos plans machiavéliques. Tout l'art de ce jeu réside dans le bluff.
Qu'est-ce qu'il est jouissif de voir vos adversaires vous aider à remplir votre objectif ! A deux joueurs, le bluff est plus aisé, étant donné que deux couleurs sur les quatre ne sont pas possédées par les joueurs. A quatre, cela devient plus tendu, mais pas forcément plus chaotique.
Vous l'aurez compris, Sarena est une petite pépite de jeu abstrait, mêlant bluff, opportunisme, manipulation et tactique. Seul bémol : le matériel est un peu cheap (certains pions sont mal collés, voire se détachent), surtout pour le prix du jeu pas forcément modique. Mais pour peu que vous accrochiez, il sera vite rentabilisé tant le principe s'avère addictif.