Shall we their fond game play? Lord, what fools these mortals be!
Une vraie merveille.
Je suis toujours assez admiratif de la mécanique ultra-précise des productions Ystari, mais je suis rarement client de leurs jeux, que j'ai justement tendance à trouver trop mécaniques et froids, je ne ressens pas l'évasion que je recherche en jouant.
Avec Shakespeare, on a enfin à la fois le ramage et le plumage !
Mécaniquement, c'est bien rôdé, et bourré d'idées parfaitement agencées les unes avec les autres : enchères de points d'action, importance primordiale du timing (grâce à la règle du "repos" des personnage : savoir différer une action, que c'est dur !), dosage aux petits oignons de la frustration (on voudrait faire douze actions et on ne peut en faire que quatre, ce genre de choses). Toutes ces petites choses nous imposent des choix déchirants à chaque tour.
Et pour une fois, cette mécanique enrobe parfaitement un thème qui nous change agréablement des ressources fermières au moyen-âge : on construit des décors, on costume ses personnages, on fait répéter les acteurs... Et à la fin on accouche d'une pièce forcément bancale, mais dont on peut être fier. Et qu'importe le score, gagnant comme perdants se sont bien amusés : "OK mes costumes sont un peu pourris, mais comment Puck il a tout déchiré au troisième acte" !
A noter que ses qualités thématiques et visuelles (enfin un jeu Ystari vraiment beau partout de A à Z et pas juste la couv') le rendent réellement accessible aux joueurs plus "casual". Un des rares exemples de jeu exigeants (d'un point de vue stratégique) qu'on peut faire jouer à tout le monde.
Je souhaite un beau succès à ce jeu (ça a l'air bien partie) et j'aime vraiment l'évolution d'Ystari, qui a bien su adapter sa politique éditoriale en terme de graphisme et d'accessibilité, sans pour autant se renier.