Un bon jeu intermédiaire
Shakespeare est un jeu pour 2 à 4 joueurs produit et édité par Ystari. Pour un kubenbois, le jeu est empreint d’une thématique forte, servie par de superbes illustrations.
Dans Shakespeare, on va toujours être mis devant la responsabilité de ses choix. Dans aucun autre jeu, l’adage « choisir c’est renoncer » n’aura été plus véridique. Car oui, il va falloir faire des choix, déjà parce que l’on ne peut pas « tout faire », on en a matériellement pas le temps comme rappelé dans les conseils prodigués à la fin de la règle. Ensuite, parce que ce jeu valorise la prise de risques.
Un tour de jeu commence par une phase de « mise », c’est dire !
Par exemple, si j’accomplis l’action de la reine et que je choisis des objectifs, ceux-ci ne me donneront peut être rien et j’aurai perdu mon action (il aurait mieux valu alors prendre les pièces…)
Si je recrute des acteurs ou artisans avec des pouvoirs d’activations intéressants, ils vont être plus chers que les autres, est-ce que je peux vraiment me le permettre sachant que tout personnage non payé à la fin du jeu équivaut à perdre 2PV ? Oui mais si j’en prends des moins puissants, je paierai moins cher mais je devrai utiliser 2 actions au lieu d’une…Pour un résultat identique.
Si je me prive d’un certain nombre d’actions volontairement lors de la phase de mise, cela sera-t-il suffisant pour que je sois 1er joueur et empoche le PV associé à cette position ?
Si j’active trop de personnages lors d’une journée (manche), je devrai alors en mettre d’autant plus en repos lors de la phase suivante. Alors finalement, est-ce si bien joué ?
Etc etc etc
Ajoutez à cela une dose d’interaction indirecte pour chiper les éléments de décor que le voisin convoitait pour monter un étage supplémentaire. Oh il avait un décorateur à activer lui permettant de prendre 8 points décor et seuls 5 points décor sont encore disponibles sur le plateau ? Dommage…
En conclusion, Shakespeare est un bon brise-méninges. La difficulté ne se situe pas au niveau du gameplay, qui n’est pas si compliqué à appréhender, mais au niveau des bons choix à faire au bon moment pour breaker ses adversaires….A moindre coût, car l’addition tombera en fin de partie, et gare à celui qui aura mésestimé ses ressources. En guise de contrainte temps, il conviendra de faire en sorte d’habiller complètement un maximum de personnages pour la fin de la 4ème journée afin d’ activer gratuitement leur bonus de répétition en costumes. La bonne action à Shakespeare, c’est celle qui sert vos objectifs et si possible entrave vos adversaires. On regrettera peut être que les scores ne grimpent pas très haut : 20-25 points, ça semble assez faible pour un jeu de stratégie, et l’aléatoire du tirage des objectifs qui aurait tout aussi bien pu se faire face visible et aurait insufflé plus de tension dans la partie. 8.6 /10