Mécanique d'orfèvre
Spyrium est un jeu a priori un peu austère, un Ystari, un jeu de pousseurs de cubes qui aiment bien se prendre la tête avec des choix cornéliens. Le thème est froid au possible, les couleurs ternes. Et pourtant... La mécanique de pose et de retrait d'ouvriers est réglée au petits oignons, le jeu est magnifiquement équilibré entre toutes les stratégies gagnantes possibles.
Spyrium est un jeu profond qui a l'avantage de ne pas être trop long (bien que cela dépende du temps de réflexion des joueurs). J'avais un peu peur en lisant les règles, le fait que le tour se déroule en deux phases distinctes et qu'un joueur puisse passer en phase 2 alors que les autres sont encore en phase 1 me faisait un peu peur. Je craignais que ce soit le bordel. Et bien non, pas du tout ! Tout a été pensé également pour que le jeu sois fluide. Et cette distinction entre la phase 1 et 2 est même le coup de génie de la mécanique de ce jeu. C'est là que beaucoup de choses se jouent. Passer en phase 2 permet à un joueur d'activer une carte avant l'adversaire mais lui interdit de poser d'autres ouvriers. C'est le dilemme, la carte en vaut-elle vraiment la peine ? Merci à Ystari pour le prix, le matériel est simple mais c'est un jeu grand format au niveau stratégique, tout autant que bien des boites à 50 euros. Autre fait non négligeable, le jeu tourne très bien à deux joueurs !
En résumé : un jeu au thème pas du tout excitant, complètement plaqué. Mais ce n'est pas spécialement ce qui est recherché dans ce type de jeu. Spyrium c'est avant tout une mécanique d'orfèvre qui réjouira les amateurs de jeux catégorie "expert" qui cherchent quelque chose de stratégiquement riche, pas trop long et encore relativement simple (dans sa catégorie, on est dans du 14+ quand même).