1001 tuiles
Chez Sultaniya on construit des étages de palais. Jaffar, Simbad ou Sherazade sont devenus architectes . Chaque perso à sa petite lubie, l’un privilégie les fenêtres, l’autre les soldats...en leur donnant ainsi des bonus de PV.
A chaque tour il va falloir piocher des tuiles et les agencer au mieux, par rapport à vos bonus et à votre objectif. (une rangée de fenêtres / un pile de minaret/ un max de soldats....)
Vous pourrez aussi faire appel à des djinns qui vous aideront, contre des saphirs, à construire plus rapidement, bouger des éléments de votre palais...
Sultaniya est un jeu à familial évolué, dans la veine d’Alhambra (il ne suffit pas de poser des tuiles les unes à côté des autres pour réussir).
Vous ne pourrez rien contre le fait qu’un joueur prenne LA tuile que vous attendez avant vous, mais vous pourrez réfléchir au meilleur placement par rapport à ce qui vient ou à la meilleure façon d’utiliser un génie.
Ajuster les tuiles entre elles n’est pas évident de suite, il faudra quelques essais avant d’être à l’aise avec le décor. Félicitations, tout cela est bien pensé.
Sultaniya est donc plaisant à jouer, on peut le considérer comme un gros puzzle où on n’aura pas les pièces qu’on veut au moment où on les veut. Il faudra donc construire son palais en laissant de côté certains éléments, sous peine, en attendant trop, d’être en retard quand la partie s’achève.
Le reproche qu’on peut lui faire est qu’il se joue dans son coin (on peut y jouer en solo d’ailleurs). La prise de tuile qui peut embêter l’autre est vite une option qu’on ne prend pas car trop pénalisante pour sa propre construction. Idem pour les génies, on le prend, on nous le prend...du moment qu’on paie le coût. Le fait de payer le salaire au « propriétaire du moment » aurait peut être corsé la chose (?).
Malgré son décor exotique et la chaleur des illustrations (magnifiques de Xavier Colette), Sultaniya est un jeu froid (un peu le même genre de critique fait il n’y pas si longtemps à Splendor).
Il se joue bien, a du potentiel mais ne dégage rien.
Une sorte de jeu neutre.. qu’on a apprécié de part sa beauté et la fluidité de son mécanisme, mais dont nous ne sommes pas tombé amoureux.